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Francis est un blaireau, sa femme aussi. Son ami Lucien est un lapin, sa femme aussi. Il y a des cochons, des souris, des renards et des loups, mais derrière cette ménagerie, c’est bien le caractère et les comportements des humains qui sont en jeu et à l’oeuvre, comme chez Monsieur de La Fontaine, mais avec une férocité de l’observation et de l’analyse qui rappelle plus les uppercuts d’un Reiser ou d’un Desproges que la morale des fables.

Car Francis est faible, lâche, cynique, cruel, égocentré. Francis peut abandonner toute morale, toute éthique, toute fidélité, toute culpabilité, du moment qu’il peut satisfaire ses besoins essentiels : boire-baiser-bouffer. S’il veut être le maître du monde ou s’il veut être le plus riche de la terre, s’il est prêt à déclencher une guerre atomique ou à pulvériser son voisin, ce n’est pas pour la chose en elle-même, c’est toujours pour être assuré de : boire-baiser-bouffer.

L’air de ne pas y toucher, Francis égratigne le « politiquement correct » de notre époque, la « bien pensance » de notre ère bobo, nos nouvelles idées reçues politico-économico-sociales. Le chômage, l’écologie, le capitalisme, la société de consommation, l’humanitaire, les dictatures, la surpopulation, le sida,… Tout est passé au crible de notre héros post-moderne.

Le spectacle sera suivi du concert d’Emilie Jo ! Née en 1982 à Namur, Emilie Collard baigne très tôt dans l’univers du spectacle. Son père est clown/humoriste et se produit dans de nombreuses salles en Wallonie. A 5 ans, elle est fascinée par l’univers de la chanson après un concert de Sandra Kim au Festival du Rire de Rochefort. En vraie « enfant de la télé » elle se passionne pour les émissions de variété telles que « 10 qu’on aime » et déjà, elle s’imagine danseuse, chanteuse et compositrice de chansons publicitaires. Elle débutera son parcours académique à 14 ans, partageant son temps libre entre les cours de solfège, de chant lyrique et de guitare dont le professeur n’est autre que Jean-Paul Furnémont, le compositeur de « J’aime la vie ». Dans cette période trouble de l’adolescence,  influencée notamment par le courant classique romantique, elle trouve du réconfort dans l’écriture de textes et de chansons « existentiels ».

Une vision mordante mais juste des passions et des travers humains, avec un humour, noir parfois, mais toujours corrosif.”

Karoo (Plateforme de critique et de création culturelle), Sarah Meurisse, 14/01/2016.